(Voir en fin d'article le plan de Givors en 1734)

Il y a très longtemps, dans le royaume de France, les verriers exerçaient leur art dans les forêts, là où ils trouvaient le bois pour fondre le verre, et aussi le sable. Mais, déjà à cette époque, l’écologie qui ne portait pas encore son nom, prenait de l’importance. La surexploitation des forêts par les verriers amena les autorités à prendre des édits sévères pour leur protection. La seule solution de remplacement, à la place du charbon de bois, fut le « charbon de pierre ». Soit le charbon extrait dans les mines…

« Givors doit à ces circonstances, et à son heureuse situation, l’établissement de sa première verrerie. » (Etienne Abeille – Histoire de Givors – 1912 – page 161)

M. Michel Robichon, maître-verrier en 1729 à Miélin en Franche-Comté connut les charbons de Rive de Gier, près de Lyon au bord du Rhône et s’y installa en 1749. Un arrêté royal du 10 mai 1749 l’autorisa donc à construire une verrerie à Givors avec Joseph Esnard.

Ainsi « l’établissement Esnard, Robichon père et fils et Cie fut la première verrerie de Givors !"

Une immigration ouvrière se développa, car de nombreux ouvriers verriers provenant de Franche-Comté vinrent à Givors. Parmi lesquels il y avait la famille Neuvesel. 200 ouvriers travaillaient dans cette verrerie qui produisait 500 000 bouteilles par an et consommait 150 bennes de charbon par jour. À partir de 1755 elle produisit également des vitres. Cette verrerie fut installée en bordure de la rue actuelle de l’Égalité.

Après la mort de Robichon père, il y eut bataille entre un des Robichon fils et Esnard pour la propriété de la verrerie (c’était un arrêté royal qui autorisait l’exploitation de la verrerie) Les Robichon eurent gain de cause et restèrent propriétaires. Du coup, dès 1768, Esnard et sa femme créèrent un nouvel établissement à Pierre Bénite.

Le métier de verriers était un noble métier, et nombre de simples ouvriers souffleurs étaient nommés « gentilhomme verrier. » Il était interdit par arrêtés aux ouvriers verriers de quitter leur service sous peine de très fortes amendes. N’était pas souffleur de verre qui le voulait ! L’ouvrier souffleur n’admettait pour son apprenti qu’un fils ou descendant de verrier. On est loin du mépris avec lequel les Alchimistes traitaient de « souffleurs » leurs semblables qui pratiquaient leur art avec matérialisme.

Vers la fin du XVIIIe siècle, une seconde verrerie fut créée à Givors.

Messieurs de Bolot, originaires de Malbouhans (Haute-Saône) vinrent créer cette deuxième verrerie à Givors. Ils s’associèrent avec le fils aîné de Joseph Neuvesel. Cette verrerie se trouvait au bord du Rhône, à l’emplacement actuel de la place Port du Bief (pont de Chasse).

Outre ces deux verreries, Givors posséda , dans la première moitié du XIXe siècle, trois autres établissements qui n’eurent pas une longue existence. L’une à l’embouchure du canal (Bassin) en 1820, deux autres, entre la gare d’eau et le Gier (1837) En août 1853 une société au capital de 8 millions acheta toutes les verreries de Givors, ainsi que d’autres verreries aux alentours. A Givors on comptabilisait : Verrerie Dugas (2 fours) – Verrerie Neuvesel (4 fours) – verrerie du Canal (2 fours) - verrerie de la Gare (1 four).

La verrerie quai du Gier fut fondée en 1869 par MM. Vallin, Vellin et Lapeyre, sous la raison sociale « Vallin et Cie ».

En 1907, cette usine avait fermé, mais fut rachetée par MM. Souchaon, Momain et autres pour la fabrication mécanique de la bouteille et ont formé une nouvelle société nommée « Souchon, Momain et Cie ». Puis elle devint « Boussois, Souchon, Neuvesel » (BSN) puis enfin VMC (dont les initiales signifièrent deux choses différentes dans le temps) pour fermer en 2003 !

Alain Pelosato

Givors, le 10 avril 2016.

Pour rédiger cet article je me suis inspiré bien sûr de ma connaissance de Givors, et surtout du livre d’Étienne Abeille « Histoire de Givors » 1912. Givors1734.jpg