Givors1845web.jpg Après l'abandon du projet de canal par Barthélémy-Aléon de Valcourt en 1751, François Zacharie prit la relève et obtint l’autorisation de construire un canal entre Rive de Gier et Givors en 1761 (alors que ses ambitions étaient bien plus importantes)...

La construction du barrage de Couzon pour l'alimentation en eau du canal a consacré l'arrêt des ambitions de Zacharie, car il eût fallu créer un réservoir d'eau à Saint Etienne pour pouvoir faire la jonction entre la Loire et le Rhône.

Mais la tâche ne fut pas facile, tous les bourgs et villages riverains s’opposèrent à la construction de ce canal. La ville de Givors n'a jamais accepté le canal qui pourtant la rendait prospère! Les travaux furent interrompus en 1768 à la mort de Zacharie. C'est Guillaume son fils aîné qui prit la relève.

Les travaux furent terminés en 1780. Mais jamais la jonction ne fut faite, comme le souhaitait Zacharie, entre le fleuve Rhône et le fleuve Loire...

En 1826, le projet de chemin de fer fut adopté et la société Seguin frères, E. Biot et Cie devint concessionnaire à perpétuité du chemin de fer projeté. On retrouve encore ici, le célèbre ingénieur Marc Seguin, inventeur de la chaudière tubulaire, et aussi des pont "fil de fer" (ponts suspendus, comme le pont de Chasse, les seuls qui résistèrent aux crues dévastatrices du Rhône)...

La section Rive de Gier - Givors de la voie ferrée fut terminée en 1833. Dès lors, le canal tenta de résister à cette redoutable concurrence mais n'y parvint pas et fit faillite. En 1886, l'Etat racheta la concession perpétuelle du canal alors qu'il n'était plus utilisé depuis de nombreuses années.

Il faut savoir que ce qui fut la "Gare d'eau" servit de jonction entre le chemin de fer et le transport fluvial sur le fleuve. C'était déjà, une gare multimodale. Néanmoins, la chemin de fer, en se développant partout en France, sonna le glas du transport fluvial pendant un certain temps, jusqu'à ce que ce dernier pût utiliser, comme aujourd'hui, des bateaux de très grand gabarit. Cela fut déjà le cas avec les bateaux à vapeur rhodaniens. (Voir mon Que sais-je ? sur le Rhône)

Plan de Givors en 1845 extrait de l'ouvrage "Histoire de Givors" par Etienne Abeille (1912) Archives personnelles d'Alain Pelosato